Index de l'article
Manoeuvre Militaire Bilatérale Franco-Malagasy "LA BUSE 2012"
Fanazaran-tena Miaramila
Toutes les pages

« LA BUSE 2012 » est entrée dans l’histoire de la coopération militaire opérationnelle bilatérale franco-malgache comme le symbole de la reprise des exercices militaires organisés annuellement entre les deux pays. Après quatre ans d’interruption, la manœuvre militaire « LA BUSE 2012 » s’est déroulée du Dimanche 03 au Samedi 09 juin 2012, dans la région d’Antsiranana. Il s’agit d’une activité bilatérale interarmées d’entrainement, qui avait pour thème la lutte contre la piraterie maritime.

Plus de 300 militaires ont  participés à cet exercice dont des éléments parachutistes du 1erRFI et des fusillers marins commandos du 2èmeRFI pour l’Armée Malagasy ; des parachutistes du 2ème RPIMa de La Réunion et un détachement de Légionnaires du DLEM de Mayotte pour  l’Armée Française. Des moyens militaires terrestres, maritimes (BATRAL  « LA GRANDIERE »  pour les FAZSOI  et le patrouilleur remorqueur côtier « TROZONA » pour la Marine Nationale Malagasy) et aériens (avion de transport C-160 TRANSAL et un hélicoptère FENNEC de l’Armée française) ont participé également à cet exercice.

Initié dans le cadre de la  contre-piraterie, cet exercice avait cinq objectifs principaux :

- Clôturer le premier cycle de montée en puissance initié en janvier 2012, visant à mobiliser des capacités opérationnelles malgaches destinées à répondre à la piraterie.

-  Contribuer à développer la réflexion sur les menaces et les parades.

- Appeler l’attention sur l’intérêt majeur du site d’Antsiranana (Diego Suarez) dans le développement d’un dispositif régional de lutte contre la piraterie, en relayant notamment les projets malgaches liés aux initiatives de la Commission de l’Océan Indien.

-  Étoffer les analyses opérationnelles et juridiques relatives au traitement de la piraterie, afin de tirer des premiers enseignements destinés à préparer le séminaire bilatéral de sécurité maritime organisé par les FAZSOI (Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien) en juillet.

-  Améliorer la connaissance de la région en vue de se préparer conjointement à faire face à une crise humanitaire ou sécuritaire dans la zone.

Durant  l’exercice les points suivants ont été étudiés :

-       Mise en œuvre d’un poste de commandement interarmées projeté et entrainement aux procédures.

-       Echange et mise en commun de savoir faire dans un cadre interarmées

-       Réalisation d’une opération amphibie de débarquement,

-       Infiltration et exfiltration en zone d’insécurité,

-       Réalisation d’une opération aéroportée (largage de parachutiste),

-       Entrainement d’équipe de visite  et arraisonnement de bateau pour les bâtiments de la Marine Malgache et Française

Pour clôturer l’exercice, une cérémonie de prise d’Armes et des activités de fraternisation ont été organisées afin de raffermir davantage le lien qui unit les deux Armées.

Les autorités militaires conduites par le Général de Division NDRIARIJAONA André, Chef de l’Etat-Major Général de l’Armée Malagasy et le Général de Brigade Jean-François HOGARD, Commandant Supérieur des FAZSOI  se sont recueilli aux cimetières des militaires français d’Antsiranana.

Au cours de cet exercice les deux  patrons des deux Armées ont contresignés le Document Conjoint de Procédure qui servira de cadre juridique, conceptuelle, financier et réglementaire de toutes les activités militaires communes réalisées à Madagascar et à la Réunion  de la coopération bilatérale entre l’Armée Malagasy et les Forces Françaises dans  la Zone sud de l’Océan Indien. Cet exercice montre une fois de plus que la Coopération Militaire entre les deux pays se porte à merveille et ne cesse de s’accroitre au fil des  années.

La lutte contre la piraterie maritime dans l’océan Indien figure en bonne place dans l’agenda du conseil des ministres de l’Indian Ocean Rim-Association for Regional Cooperation (IOR/ARC). L’association à sa propre charte (adoptée en 1997) et des lignes directrices pour inclure les projets de son programme de travail. Aujourd’hui, l’IOR-ARC comprend 18 membres : Australie, Bangladesh, Inde, Indonésie, Iran, Kenya, Madagascar, Malaisie, Maurice, Mozambique, Oman, Singapour, Afrique du Sud, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, États Arabe Unis et Yémen. Elle a cinq partenaires de dialogue : Chine, Égypte, France, Japon et Royaume-Uni.

Outre les domaines du développement économique et l’accroissement des échanges commerciaux  avec la situation actuelle dans la région, elle a pour objectif de doter les pays riverains de l’Océan indien de capacités de lutte contre la piraterie

Troisième plus grand océan du monde, l’océan Indien accueille la moitié des navires porte-conteneurs du monde et un tiers du trafic de marchandises en vrac. Deux tiers des expéditions mondiales de pétrole y transitent. C’est une bouée de sauvetage du commerce international et de l’économie. La région est reliée par des routes commerciales et est traversée par des voies maritimes les plus fréquentées au monde. Les pays de l’IOR disposent entre un quart et un tiers de la population mondiale (près de deux milliards de personnes).
Les pays de l’océan Indien sont riches en minéraux stratégiques et précieux, métaux et autres ressources naturelles, qui proviennent des zones économiques exclusives (ZEE), des plateaux continentaux et des fonds marins. Toute cette richesse plaide en faveur d’une association axée sur l’océan Indien. L’IOR rassemble donc les pays du littoral de l’océan Indien, même s’ils diffèrent grandement par rapport à leur population, leur étendue territoriale ou la taille de leurs économies.

C’est dans cet axe  que Madagascar par le biais de sa Marine Nationale veut se doter d’un outil performant pour la formation des cadres et des responsables de lutte contre la piraterie maritime. La base Navale d’Antsiranana possède les atouts nécessaires pour accueillir ce centre vu sa position stratégique et ses installations portuaires. Les dossiers y afférents réalisés avec la collaboration de la mission de coopération et de défense française seront soumis à la mission anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) qui opère déjà dans la région depuis quelques années. Les FAZSOI sont prêt pour apporter leurs soutiens en matière d’expériences et matériel à l’Armée Malagasy dans le renforcement de la capacité des troupes dans le domaine de la lutte anti-piraterie maritime.

Service Information et Communication de l'Armée